Gone Girl de Gillian Flynn

Read it now, it’s that good!

Cette note du Daily Mail pourrait tout en dire, et pourrait suffire. Je suis presque tentée de vous laisser là et vous envoyer lire tout de suite. Mais comme Les Apparences, selon son titre français, a été adapté au cinéma, je vais vous donner mon avis pour vous permettre de choisir plus avisément par quel médias vous choisissez de le découvrir.

Gone Girl raconte la disparition d’Amy, et sa recherche par son mari, Nick, et par la police, qui en fait très vite son principal suspect. Le roman se raconte à deux voix, celle de Nick et celle d’Amy. Deux versions de la même histoire, qui se croisent pour se rejoindre, et surtout une plongée inquiétante dans les pensées des époux.

J’avais déjà vu Gone Girl au cinéma avant de lire le livre, mais j’aime toujours lire l’œuvre originale, si le film m’a intriguée. Il ne s’agit plus d’une découverte de l’histoire, certes, et on n’a pas la même expérience lorsqu’on lit un livre dont on ignore le dénouement. Mais c’est une expérience différente et tout aussi valable, pour moi. L’univers est plus développé, bien souvent, dans un livre, ce qui évite au lecteur de s’interroger sur des détails qui sont donnés sur papier, pour mieux se concentrer sur ce qui est volontairement laissé de côté, et naturellement, on a accès à la manière dont l’auteur a réellement voulu qu’on découvre son œuvre. Et j’ai toujours l’impression que je profite mieux de l’œuvre dans un livre, mais c’est personnel.

Je connaissais donc la conclusion de l’histoire – non, je ne spoilerai pas -, et j’ai malgré tout été emportée par le jeu d’apparences mis en place par Amy et Nick. Car tout le récit tourne autour du paraître – d’abord la disparition d’Amy, qui d’enlèvement prend peu à peu l’allure d’un meurtre, ensuite Nick, victime de son image dans les médias, et jusqu’aux pensées mêmes des protagonistes, dont le lecteur finit par se méfier.

Le livre tourne autour d’un jeu psychologique. Mais il n’est pas là où on l’attend. J’ai énormément aimé ce doute qu’on éprouve parfois quant à ce que le narrateur nous dit, j’ai été – honnêtement – émerveillée à chaque fois que je me suis trompée dans mes suppositions, car chaque tromperie permet de pénétrer plus profondément dans l’esprit de l’un des narrateurs – Amy ou Nick -, et ceux-ci sont vraiment fascinants.

Edit: j’ai oublié de dire qu’une des choses que j’ai le plus appréciées dans le livre est la manière dont certains passages semblaient me parler. Certaines réflexions des personnages, alors qu’ils sont dans des situations parfois très tendues et/ou compromettantes, résonnent particulièrement juste, ce qui alimente un peu plus le trouble que l’on ressent vis-à-vis d’eux: malgré leurs actions ou ce qu’ils laissent paraître, personne n’est entièrement blanc ou noir. Et cela pousse justement le lecteur à se remettre lui-même en question, puisqu’il se trouve en difficulté pour juger du comportement du narrateur. Un passage, notamment, que j’ai aimé pour la réflexion qu’il suscitait, est celui sur la cool girl. Où est la limite entre ce qui est juste et ce qui ne l’est plus? Flynn joue très bien sur ce tableau avec les voix de ses deux personnages principaux.

Gone Girl est peut-être un thriller, peut-être un portrait psychologique, peut-être une histoire d’amour. Je n’ai pas su décider entre les trois, mais j’ai eu, dès la fin de la dernière page, un besoin irrépressible de trouver quelqu’un qui l’avait lu pour débattre de nos impressions, et c’est le signe d’un livre qui vaut la peine d’être lu…

Gone Girl a été adapté au cinéma par David Fincher.

J’ai gardé une très bonne impression du film aussi. J’étais allée le voir sans en savoir autre chose que son titre, en suivant une amie, et ai été assez déconcertée – Gone Girl est un récit violent, qui commence comme une histoire d’amour. Un jeu d’apparence, encore. L’ambiance du film évolue et varie suivant les épisodes narrés par Amy et Nick, mais cette alternance de tons se transforme au fur et à mesure en une ambiance lourde, qui exprime bien l’état de confusion et de tension dans lequel le spectateur – et Nick – se trouve. La réalisation ne prend pas de grande liberté avec le scénario, et les acteurs sont plus que crédibles. Je ne suis pas critique cinéma, loin s’en faut, mais mon amie et moi sommes restées sans voix à la conclusion de l’histoire – l’effet voulu par Gillian Flynn, sans doute – car on ne savait pas comment exprimer notre impression vis-à-vis du film…

Il ne s’agit pas d’un film que l’on regarde d’un œil puis qu’on oublie dès les crédits pour vaquer à ses propres occupations. Plutôt, on y pense et repense, jusqu’à vouloir aller plus loin (dans mon cas, trouver et lire le livre, même si ça m’a pris un an). L’adaptation a donc réussi à provoquer chez le spectateur le même effet que chez le lecteur…

Je me tais, je ne sais plus qu’en dire sans aller trop loin, mais LISEZ-LE et on pourra en parler ensemble, sans risque de spoiler cette fois. Vous savez que je n’attends que ça 😉

Ce livre n’a pas une ambiance à thé, mais plutôt à café, ou à eau fraîche… L’ambiance est américaine (pour une petite belge, ça a du sens) et me donne envie soit d’aller chercher un café à emporter, soit de boire un thé détox, selon qu’on lit les passages de Nick ou d’Amy…

 Cet article a été initialement publié sur le blog Un Thé chez nous.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s