Lisons…Tolkien

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Ceux qui sont plus versés dans la littérature, voire le fantasy, savent à quel point Tolkien est un monument, et non, je ne compte pas m’y attaquer toute seule! D’autres l’ont fait beaucoup mieux que moi. D’ailleurs, la tolkienologie est un sujet d’étude très sérieux, enseigné dans plusieurs universités prestigieuses.

Si je souhaite vous parler de Tolkien aujourd’hui, c’est principalement pour vous donner un aperçu profane de deux de ses oeuvres les plus connues, j’ai nommé le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit. Leur adaptation au cinéma les a rendues nettement plus célèbres que les autres écrits de Tolkien, mais si la plupart des gens connaissent maintenant l’histoire de Bilbon, Frodon et de Gandalf, je ne suis pas sûre que les films ont réveillé chez tout le monde l’envie de découvrir les oeuvres originales.

Chez moi, si. Je vous en avais déjà parlé dans l’article sur Gone Girl, je n’ai rien contre le fait de lire un livre après avoir vu son adaptation. J’ai vu le Seigneur des Anneaux pour la première (et seule) fois il n’y a que quelques années, et j’ai vu les trois films du Hobbit dès leur sortie (j’ai fait partie de ces gens qui sont restés au cinéma huit heures d’affilée pour la Nuit du Hobbit, un marathon des trois films. C’était cool.). En revanche, je n’ai lu la trilogie du Seigneur des Anneaux que l’an dernier, vite suivie par le livre du Hobbit. C’est à la suite du deuxième film Hobbit (jeu à boire: à chaque fois que je dis Hobbit, une gorgée, si je dis Seigneur des Anneaux en entier, un demi-à fond. Seigneur des Anneaux.) que j’ai eu envie de mieux connaître l’univers de Tolkien. Les films, il faut le reconnaître, sont très esthétiques et véhiculent leur part d’émotion, mais je savais qu’il existait un univers beaucoup plus riche et détaillé l’aperçu qu’ils nous donnent.

Le Seigneur des Anneaux

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Je veux dire, je le savais: j’avais déjà essayé de lire le Seigneur des Anneaux quand j’avais quinze ans. Et c’est pour ça que je veux vous parler de ces livres.

Ils ne sont pas faciles. J’ai toujours été une lectrice avide, et si maintenant je n’hésite pas à reposer un livre s’il ne me plaît pas, quand j’étais plus jeune je ne faisais pas la fine bouche et j’avalais tout ce qui me tombait devant les yeux. Je lisais autant Paulo Coelho que Marc Lévy ou Stendhal. Mais je n’avais pas du tout accroché au Seigneur des Anneaux, beaucoup trop détaillé pour moi. Il faut le savoir: le livre est parfois très lent. On dit parfois que le style est daté, mais pour moi, ce n’est pas ça: l’univers de Tolkien n’a jamais été autant à la mode, mais il faut pour le découvrir prendre son temps. Tolkien aime les détails. C’est ce qui fait sa richesse. Il y en a partout dans ses livres, et c’est ce qui les rend aussi fascinants et qui permet que des cours de théologie de la Terre du Milieu aient lieu. Mais il faut s’accrocher! Il y a de l’action, pas de doutes, mais aussi des chapitres historiques, des descriptions de lieux avec citations à l’appui, des chansons, des récits d’origine,… Je crois que la clef est de ne pas se forcer, et de prendre ce qui est bon pour nous: si je lisais avec attention les récits sur l’origine des peuples de la Terre du Milieu (le Silmarillion est un livre entièrement dédié à cette mythologie), j’ai passé quelques chansons, qui étalaient leurs couplets sur plusieurs pages…

De la même manière, Tolkien décrit certains passages très consciencieusement, et ce ne sont pas toujours les plus intéressants. Par exemple, si vous avez vu les films, vous savez que l’évolution de Frodon et de Sam en Mordor est une plaie au moment où on veut voir des combats héroïques… c’est pareil dans le livre: le temps s’écoule de la même manière pour tous les membres de la compagnie, pas d’ellipses dans l’histoire. Ces passages en Mordor m’ont parus vraiment long à quelques exceptions près, et j’ai parfois passé quelques pages. Cela peut paraître sacrilège mais je ne voulais pas perdre le plaisir de lire. Bien qu’ils soient importants pour comprendre les souffrances de Frodon et Sam et que je ne veuille pas perdre en compréhension, j’ai choisi de reconnaître que je lisais ce livre pour moi-même et non pour l’analyser (mais que fais-je?), et de simplement laisser couler la lecture le plus naturellement possible.

Ceci dit, la trilogie en vaut vraiment la peine! Elle décrit un univers très riche, très complet, qu’on a la possibilité de prolonger avec les autres écrits de Tolkien, et un voyage emblématique. La lutte racontée, si elle est très dichotomique, n’en reste pas moins extrêmement plausible et Tolkien articule très bien les intérêts de ses différents personnages dans l’évolution de son histoire. Et je pense aussi que la variété des personnages et des peuples dans le Seigneur des Anneaux est un point de plus permettant à chacun de s’identifier à tel ou tel protagoniste… Enfin, si vous aimez l’épique, vous serez servi.

Bilbo le Hobbit
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Le Hobbit en version « de luxe » avec carte du voyage de Bilbon et couverture cartonnée… Très beau!

Le Hobbit raconte les aventures de Bilbon (en réalité il n’existe pas de traduction du Hobbit utilisant le nom Bilbon, qui est celui utilisé dans la trilogie) avant la quête de l’anneau, évoquées dans le Seigneur des Anneaux, et notamment l’aventure qui lui a permis de trouver l’Anneau. Le livre a en fait été publié avant le Seigneur des Anneaux, bien que les films soient sortis – et l’aient rendu populaire – après la première trilogie. Selon Tolkienestate.com, Tolkien aurait écrit le Seigneur des Anneaux afin de donner une suite aux lecteurs du Hobbit, devenus grands…

Il s’agit d’un conte pour enfants, et l’on s’en rend compte dès les premières pages. Le style est beaucoup plus adapté à un public jeune que dans le Seigneur des Anneaux, avec plus de détails volontairement comiques, et des descriptions plus simples. J’ai envie comparer cette différence de ton à celle qu’on trouve entre les premiers et les derniers tomes de Harry Potter. La lecture s’en trouve grandement facilitée, surtout que le livre est nettement moins épais que sa suite. Alors que je ne conseillerais le Seigneur des Anneaux qu’à des lecteurs expérimentés ou à des personnes vraiment désireuses de mieux connaître l’univers de Tolkien, Le Hobbit convient pour des personnes ayant moins l’habitude de lire, ou cherchant une entrée en matière dans l’œuvre sans s’atteler tout de suite à des heures de lecture. Je l’ai prêté à ma sœur, qui ne lit pas autant que moi, et si elle a commencé par trouver le style un peu lourd (question d’adaptation selon elle), elle dit s’être vraiment laissée accrocher par l’histoire, le style « conte » étant finalement un plus. Elle a adoré l’univers de la Terre du Milieu, et a envie de connaître la suite…

Pour ma part, j’ai été heureuse de retourner dans l’univers du Seigneur des Anneaux (oui je fais tout à l’envers), mais le ton beaucoup moins grave enlève son côté épique à l’histoire (ce que le film a essayé de rétablir). Bilbo part à l’aventure, la compagnie de l’Anneau vit une épopée.

Par contre, pour les fans de la trilogie de 2012: les films de Peter Jackson ont très largement débordé du cadre du récit. Legolas et l’elfe Tauriel n’apparaissent pas dans le livre, et la bataille épique qui fait le troisième film est en fait assez rapidement pliée par écrit. J’ai noté aussi que le roi Thorin est nettement moins appréciable que dans les films, où il rattrape son égotisme par son charisme… L’un dans l’autre, Le Hobbit ne méritait pas trois films, et je pense que l’on se rend compte en les regardant que le réalisateur tire un peu sur la longueur. Je le recommande quand même, ce sont de très beaux films, bien réalisés, qui souffrent de la comparaison avec le Seigneur des Anneaux (du même réalisateur) mais qui n’en restent pas moins de qualité.

Beaucoup ont critiqué, résumé, étudié l’œuvre de Tolkien, et je ne le ferai pas mieux qu’eux, mais voici quelques liens si vous souhaitez en savoir plus sur Le Seigneur des Anneaux, et la tolkienologie en général:

A savoir cependant: les personnages de Tolkien sont très manichéens, et essentiellement masculins. Je compte au maximum une dizaine de femmes évoquées dans le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit réunis, même si certaines ont un rôle très important. Certes l’œuvre date du siècle dernier, mais ça pique les yeux… Si vous voulez en savoir plus sur ses biais, lisez ce commentaire sur le monde de Tolkien.

Bonne lecture!

Cet article a été initialement publié sur le blog Un Thé chez nous.

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