Au pays du Cerf blanc, la petite Histoire dans la grande

1467057868046.jpgCoucou! Me revoilà pour vous parler d’un livre que j’ai lu il y a déjà quelque temps, mais que je n’arrive pas à me résoudre à mettre au grenier. En effet, en rentrant à la maison, j’ai vu des caisses et des caisses s’accumuler (pas facile de faire rentrer 6 ans de kot dans une chambre d’enfance…) et j’ai donc dû faire des choix. Tous mes Nana, une bonne partie de mes romans jeunesse, mes livres d’économie et même mes Amélie Nothomb sont donc partis en séjour forcé au dernier étage…

Je n’ai gardé que le strict minimum, manque d’étagères oblige. Au pays du Cerf blanc est resté.

Au pays du Cerf blanc, écrit par Chen Zhongshi, est une superbe fresque familiale, se déroulant dans une Chine pétrie de légendes, au début du vingtième siècle. Le roman suit l’histoire de la famille Bai et de sa sœur rivale, la famille Lu, au sein du village auquel elles doivent leur nom, Bailu (Bai signifie blanc et Lu, cerf.) C’est une histoire très longue, qui commence avec le mariage du patriarche Bai Jiaxuan, et qui se termine lorsque celui-ci est grand-père. Au cours des années, les enfants Bai et Lu grandissent, leurs destins se précisent, les patriarches Bai et Lu vivent leur rivalité et les épreuves, comme les succès, s’enchaînent pour les deux familles. Cette histoire se déroule au moment de la montée du communisme en Chine, avec en fond les diverses guerres ayant secoué la Chine depuis la chute de l’empereur Pu Yi.

J’ai été très prise par ce livre – une vraie brique – que j’ai presque lu d’une traite. Le destin des Bai m’a complètement fascinée, et l’entrecroisement des personnages, leur évolution et l’inéluctabilité de l’Histoire m’ont vraiment fascinée. Dans les romans chinois, beaucoup de choses sont décrites de manière crue, et peut-être que ma sensibilité me faisait m’émouvoir plus de certaines choses, mais ce livre pour moi est un magnifique tableau de la façon dont le destin peut se jouer des Hommes, et dont chaque personne n’est qu’une marionnette, n’ayant au final que bien peu de prise sur sa propre histoire.
La cruauté du sort réservé à des personnages bons et droits n’a pas toujours d’explication, et cette réalisation – pourtant évidente à certains – m’a laissée pensive pendant quelques jours. C’est pourquoi il s’agit selon moi d’un très bon livre, il provoque réellement une émotion en tant qu’œuvre finie.

Sur un autre point, j’aime beaucoup lire des romans traduits du chinois, je trouve qu’ils ont une atmosphère particulière, une manière peut-être plus brute de nous mettre en contexte, sans doute parce qu’un écrivain chinois ne prend pas la peine d’expliquer ce qui me semble exotique à moi, là où un écrivain étranger racontant la Chine prendra le temps de décrire la disposition traditionnelle des maisons chinoises. Le traitement des personnages et de leurs sentiments est très différent aussi, je trouve que les romanciers chinois se concentrent nettement moins sur les sentiments et l’ego des personnes que dans la littérature occidentale. Tout ça demande un petit temps d’adaptation, mais c’est un style que j’apprécie vraiment lorsque je le recherche.

Voilà voilà, est-ce que je vous ai donné envie de lire ce livre? Est-ce que vous lisez parfois des romans chinois? Ou est-ce que la Chine vous attire, même un peu? Dites-moi tout 🙂

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